Pour réduire significativement et durablement la pauvreté, le Gouvernement du Sénégal compte bientôt mettre en oeuvre une ambitieuse Stratégie de Croissance Accélérée (SCA). Visant une croissance économique annuelle de 7 à 8%, la SCA repose sur cinq secteurs clés dont l’agriculture et l’agrobusiness pour lesquels le Sénégal est potentiellement capable de bâtir et maintenir un avantage compétitif. Améliorer la compétitivité de l’offre en produits agricoles et d’élevage, c’est également la raison d’être du PDMAS qui de manière naturelle est en train de devenir l’un des tout premiers instruments opérationnels de mise en œuvre de la SCA.
Ce n’est un secret pour personne, le secteur agricole ne contribue que trop peu à la croissance économique nationale enregistrée depuis plus de dix ans. La conséquence directe de cette situation est que les populations rurales, les plus pauvres, ne profitent pas des fruits de la croissance. Pourtant, avec ses potentialités de développement pour des produits à valeur ajoutée, la grappe horticole sénégalaise s’affirme de plus en plus comme un axe essentiel de diversification des sources de croissance dans le secteur agricole.
Après un long processus de réflexions et d’identification, le secteur Agriculture et Agrobusiness, comme quatre autres secteurs prioritaires, est apparu très pertinent dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) initiée par le Gouvernement du Sénégal. Se basant sur les évolutions récentes, la grappe horticole est aujourd’hui considérée comme un vecteur avéré de croissance économique et de progrès social. Elle dispose en effet d’un haut potentiel en termes de marge de progression sur les marchés domestiques et étrangers à moyen terme, de valeur ajoutée générée, d’avantages comparatifs, de compétitivité internationale, d’exportations, de création d’emplois et de revenus, d’investissements nationaux et étrangers, tous ces aspects étant déterminants dans le cadre de la SCA.
En mettant en place des initiatives sectorielles, le Gouvernement du Sénégal attend d’elles qu’elles contribuent pleinement aux objectifs des stratégies et politiques nationales de développement. C’est le cas pour le Programme de Développement des Marchés Agricoles du Sénégal (PDMAS). Le programme - qui succède au Projet pilote de promotion des exportations agricoles (PPEA) - vise l’amélioration durable des revenus agricoles des bénéficiaires directs et la création d’emplois en milieu rural, s’alignant ainsi sur les objectifs du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP, 2000-2005). En cherchant à augmenter les capacités de production, à diversifier les zones et les systèmes de production et à valoriser mieux l’offre en produits agricoles et d’élevage, le PDMAS servira aussi la mise en œuvre de la SCA qu’il appuiera directement. Il mettra en effet l’accent sur l’accroissement des exportations agricoles par le secteur privé á travers le développement d’infrastructures d’irrigation et de mise en marchés, le renforcement des capacités des institutions publiques et privées et l’accroissement de la compétitivité et de la productivité agricole. Le programme est finalement en train de devenir un des principaux instruments opérationnels de mise en œuvre du pilier sur l’agriculture et l’agroalimentaire pour une croissance mieux partagée. En sus des ressources propres inscrites par le Gouvernement, un crédit de $35 millions de la Banque Mondiale permettra le démarrage de la première phase du programme sur les cinq prochaines années, alors que d’autres partenaires au Développement ont déjà participé á la préparation (ACDI, AFD) et compte poursuivre leur appui au travers de projets parallèles pour la mise en œuvre (AFD et Union Européenne).
La définition actuelle de la SCA a déjà eu recours aux études stratégiques effectuées dans le cadre de la préparation du PDMAS. Le processus de formulation de la stratégie de grappe se base en effet sur l’analyse et les résultats du cadre stratégique de développement de l’horticulture à l’horizon 2010. Leur contribution à la SCA a d’ailleurs été démontrée lors d’un atelier de travail organisé par l’APIX en décembre 2005 et regroupant les membres du groupe grappe impliqués dans la formulation. Finalement, il est clair que la mise en opération des infrastructures d’exportations agricoles construites dans la phase pilote (complexe de centres de conditionnement Feltiplex à Sangalkam et Gare de Fret de l’aéroport LSS), la création de la Fondation Origine Sénégal / Fruits et Légumes et la signature de l’Accord de Financement avec la Banque Mondiale constitueront des signaux forts de la mise en œuvre effective de la SCA dans les toutes prochaines semaines.
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