L’approvisionnement accru des marchés intérieurs et extérieurs en produits agricoles à valeur ajoutée est inévitablement lié au développement de l’offre de production. Or la région des Niayes, zone traditionnelle de cultures maraîchères, est confrontée à une pression forte sur la ressource en eau et foncière. Les regards se tournent aujourd’hui au Nord du Sénégal dans la région du Fleuve mais aussi au Centre dans le Bassin Arachidier. Le PDMAS y réalisera des investissements importants pour créer les conditions favorables au développement l’irrigation privée.
Confrontées au problème de l’approvisionnement en eau, des pays comme le Maroc, le Kenya ou encore Israël ont énormément investi dans des techniques d’irrigation très performantes permettant la réduction du volume d’eau utilisé pour la production tout en maximalisant les rendements et la qualité des produits. C’est notamment grâce à ces investissements que ces pays sont devenus les grandes origines exportatrices de produits agricoles que l’on connaît. Au Sénégal, l’eau peut être considérée comme une ressource rare et un facteur limitant pour le développement extensif de l’agriculture dans plusieurs zones, comme dans la zone de production horticole des Niayes Le maintien des activités dans cette zone nécessitera un usage rationnel et efficace de l’eau à travers des systèmes de production et des techniques appropriées pour des cultures à forte valeur ajoutée. Mais le vrai potentiel pour permettre à notre pays de développer un avantage compétitif pour ce facteur et étendre une activité agricole orientée vers des produits commerciaux ne pourra se faire que dans des zones où l’accès à l’eau ne constitue pas une contrainte majeure. C’est le cas au Sénégal dans la région nord du Fleuve où la ressource est abondante et suffisamment maîtrisée et où le climat sec est propice à la production horticole.
Le Programme de Développement des Marchés Agricoles du Sénégal (PDMAS) en phase finale de préparation vise l’accroissement des exportations agricoles à 30 000 tonnes à l’horizon 2010 et l’approvisionnement des marchés intérieurs en produits à valeur ajoutée. La réalisation de ces objectifs suppose bien évidemment l’élargissement du potentiel de production. Quoi de plus normal alors que le PDMAS compte parmi ses objectifs spécifiques l’extension des zones de polycultures vers des écosystèmes moins fragiles que la zone des Niayes et le développement de l’irrigation privée afin de relancer durablement l’offre de produits agricoles notamment d’exportation et d’import-substitution. Le programme assistera ainsi les producteurs et opérateurs des chaînes d’approvisionnement prioritaires identifiées à maintenir l’activité dans certaines régions menacées comme les Niayes mais surtout à ouvrir de nouveaux espaces permettant de desserrer la contrainte la ressource en eau, notamment dans la Vallée du Fleuve Sénégal, le Bassin Arachidier élargi leur donnant ainsi accès à de nouvelles opportunités de diversification des systèmes de production notamment au niveau des exploitations familiales.
Pour y parvenir, le programme réalisera dans la zone du Fleuve des investissements structurants contribuant à alimenter et à viabiliser les zones à haut potentiel d’irrigation notamment dans la communauté rurale de Ross Béthio (amélioration de l’hydraulicité des axes adducteurs avec le recalibrage, réhabilitation d’ouvrages et création de chenaux secondaires pour la desserte des exploitations). Il développera alors des mesures d’incitation critiques destinées à encourager les promoteurs privés (petites exploitations familiales et organisations de producteurs, PME et agro-industriels nationaux et étrangers) qui constituent les bénéficiaires à étendre les superficies irriguées pour des cultures destinées au marché domestique et au marché d’exportation (entreprenariat agricole d’exportation) et à mettre en place des systèmes d'irrigation innovants comme la réalisation d’aménagements terminaux (goutte à goutte, aspersion, infrastructure bord champ, clôture, etc.).
Au total, le PDMAS prévoit en aval des infrastructures hydrauliques structurantes le développement de 2500 hectares de périmètres irrigués privés de diversification par les petits producteurs (1400 ha), les PME (600 ha) et les firmes agro-industrielles (500 ha). Le programme cherchera aussi à promouvoir la micro-irrigation dans les Niayes, le Bassin Arachidier et le Sénégal Oriental avec la mise en place de tests de démonstration de technologies de micro-irrigation (goutte à goutte, aspersion, conduites secondaires et gaines, etc.) qui faciliteront le développement en partenariat public-privé de 700 ha de petits périmètres irrigués de diversification dans les Niayes (en aval ou autour des forages, dans le Bassin Arachidier autour des bassins de rétention et des lacs artificiels et dans le Sénégal Oriental avec l’extension des périmètres bananiers de la région de Tambacounda).
Le PDMAS confiera à la SAED pour la région Fleuve et à l’ANCAR pour le Bassin Arachidier élargi, la mise en œuvre des activités liés à l’irrigation de diversification. Il s’appuiera et collaborera aussi avec d'autres projets engagés dans le développement de l’irrigation dans la Vallée du Fleuve Sénégal tel le Programme de Développement des Ressources en Eau á Usage Multiple dans le Bassin du Fleuve Sénégal (le PMDRE, en cours de préparation avec l'OMVS), le Projet Eau Long Terme (PELT), le Projet SIDA et le Programme Paludisme soutenus par la Banque mondiale, ainsi que le Projet d'Appui aux Communautés Rurales de la Vallée du Sénégal (PACRV), soutenu par l’AFD.
Finalement il cherchera à capitaliser au maximum ses réalisations pour permettre au Sénégal de mieux évaluer les possibilités et les contraintes et de définir une stratégie pour le développement rapide de l'irrigation dans d’autres zones, permettant ainsi de préparer la deuxième phase du programme.
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