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Mangue 2005, toujours plus haut

Précocité et cours rémunérateurs rarement égalés, les premiers signaux enregistrés au démarrage des exportations de mangues Origine Sénégal laissaient entrevoir une campagne exceptionnelle pour 2005. Mais l’apparition de la mouche du fruit et la présence accrue d’Israël ont joué les troubles fêtes. La progression enregistrée pour la 7ème année consécutive est tout de même honorable (+12 % environ comparé à 2004). Récit d’une campagne où l’Origine en position dominante s’affirme de plus en plus comme incontournable dans l’approvisionnement européen.

La campagne 2005 d’exportation de mangues Origine Sénégal a été une nouvelle fois marquée par une progression des volumes expédiés qui ont atteint près de 3 800 tonnes (dont environ 3 200 tonnes sur le seul marché européen incluant la Suisse).

Evolution des exportations de mangues Origine Sénégal depuis 1998 (marchés européen et non européen)

Ce bon chiffre confirme si besoin en était le dynamisme d’une filière qui cette année a attiré de nouveaux opérateurs et a su s’imposer en termes de volumes absorbés sur des marchés où elle avait fait une entrée remarquée lors des campagnes précédentes. Cette stratégie de diversification des marchés par les opérateurs sénégalais apparaît d’ailleurs comme un des principaux facteurs ayant permis d’enregistrer la croissance observée. Même si la France est restée la principale destination européenne de la mangue Origine Sénégal, elle n’a représenté cette année que 38% des expéditions (contre 60% en 2003), suivie par la Belgique (26%) et la Hollande (16%). Tout juste derrière la Hollande et représentant 14% des expéditions vers l’Europe, le Royaume-Uni constitue un marché en progression (415 tonnes en 2005).

Destinations européennes de la mangue Origine Sénégal (2005, en tonnes)

La campagne 2005 s’est caractérisée aussi par un positionnement de plus en plus marqué de l’Origine sur des marchés africains comme le Ghana, le Maroc et l’Afrique du Sud (plus de 500 tonnes expédiées essentiellement par voie aérienne). Le développement de ces débouchés africains notamment marocains apparaît comme une réelle opportunité pour les nouveaux opérateurs qui, en ayant accès à des marchés moins complexes et exigeants, ont la possibilité d’acquérir le savoir faire que nécessiterait leur entrée sur le marché européen.

Le démarrage de la campagne a été marqué par des conditions particulièrement favorables sur le marché européen, suffisamment rares pour être signalées, qui ont constitué une véritable opportunité commerciale pour les opérateurs sénégalais. La fin rapide des approvisionnements de la Côte d’Ivoire et les apports limités du Brésil ont en effet permis d’entrer dans un marché fluide où le Sénégal en position dominante a pu bénéficier de prix de vente élevés et rarement atteints (jusqu’à 7 euros / colis 4 kg pour la mangue bateau et 4 euros / kg pour la mangue avion au stage grossiste import). Le développement progressif des livraisons, par voie aérienne, du Mexique (Kent) et d’Israël (Haden, Maya, Shely) n’a pas dans un premier temps perturbé les ventes. Ce n’est qu’en fin juillet que le cumul des arrivages dépassait le seuil de la demande et entraînait une baisse des cours notamment sur le marché français. La situation sur le marché français s’est tendue soudainement en début août avec la mise en marché de lots de Maya d’Israël de petits calibres à 2 euros le kg. La situation pour les fruits transportés par voie maritime n’a évolué qu’à la mi-août avec le développement de l’offre d’Israël (3 à 4 jours de transport maritime) et du Brésil. La situation globalement favorable pendant plusieurs semaines en terme de cours est tout de même à nuancer. En raison du niveau élevé de prix, les circuits de la grande distribution ont progressivement retiré, par manque de rentabilité, le produit de leur linéaires altérant d’autant la demande des marchés traditionnels. D’autre part, pour profiter des bonnes conditions de campagne et de la position dominante pratiquement tout le mois de juillet, certains opérateurs n’ont pas hésité à expédier des fruits immatures aussi bien par avion qui fournit habituellement des produits prêts à consommer que par bateau. L’image de l’Origine s’en est trouvé immanquablement fragilisée.

Prix moyen de la mangue bateau Origine Sénégal et de la concurrence (stade grossiste import en euro/kg, 2005)
Prix moyen de la mangue avion Origine Sénégal et de la concurrence (stade grossiste import en euro/kg, 2005)


S’inscrivant dans la dynamique constatée depuis 1998, on s’attendait à la croissance enregistrée cette année. On pouvait même espérer plus si les expéditions sur l’Europe qui avaient commencé précocement (dès la fin juin) n’avaient pas brutalement chuté dès la seconde quinzaine du mois d’août en raison de problèmes de qualité et notamment de l’apparition en fin juillet de la mouche du fruit qui a provoqué sur toute la durée de la campagne la destruction d’une centaine de tonnes de produits en Europe. Cette situation aggravée par le développement précoce de l’anthracnose, la rapide et mauvaise évolution des fruits stockés, les défauts marqués de l’épiderme et les problèmes récurrents liés à la qualité commerciale (hétérogénéité de la maturité, irrégularité du calibrage et du conditionnement) a amené les importateurs à se tourner vers Israël, le Mexique et le Brésil pour la mangue avion ou bateau. Dès la fin août, le Sénégal mettait fin à ses expéditions avion.

En conclusion, il est indéniable que l’origine Sénégal s’inscrit, année après année, comme un fournisseur incontournable de l’Union Européenne. Le potentiel de développement est encore grand malgré une position inconfortable en termes de calendrier d’exportations car « coincé » entre la fin, plus ou moins rapide, des campagnes des pays d’Afrique de l’Ouest, et la place de plus en plus importante prise par la production israélienne. Pour atteindre le seuil des 5 000 tonnes de produits exportés visé, l’Origine devra non seulement chercher à poursuivre le processus de diversification des marchés engagé mais aussi accroître toujours plus son professionnalisme et à chercher à lutter efficacement contre les maladies des fruits qui chaque année viennent contrarier les exportations et altérer l’image de marque de l’Origine. Dans ces domaines, un certain nombre de programmes et/ou projets sont susceptibles d’apporter aux professionnels un appui adapté. Celui du futur PDMAS sera incontestablement très important.

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