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EUREPGAP, … A VOS NORMES !

La sécurité sanitaire des produits alimentaires est devenue un véritable enjeu politique en Europe. Pour y répondre, un panel de normes et autres schémas de certification des produits frais ont été mis en place au cours des dernières années. Choisir parmi l'éventail de solutions proposées est devenu un véritable casse tête non seulement pour les distributeurs mais aussi pour leurs fournisseurs. A la fin des années 90, la norme privée EurepGAP a été mise en vigueur et adoptée par le secteur de la grande distribution au Royaume Uni. Elle pourrait s'imposer comme un schéma de certification de référence dans toute l'Europe.

Les consommateurs européens sont de plus en plus exigeants sur la qualité des produits alimentaires. Face à cette tendance, la diminution du risque sanitaire est devenue ces dernières années une priorité pour la grande majorité des professionnels européens de l'industrie des produits frais. Les scandales alimentaires récents liés à la maladie de la vache folle, à la fièvre aphteuse, aux organismes génétiquement modifiés ont montré combien il était important de pouvoir avoir accès à toutes les informations d'amont en aval des filières pour pouvoir, en cas de besoin, éradiquer les risques. Pour cela, tous les acteurs intervenants au niveau des filières doivent pouvoir être identifiés et prouvés qu'ils ont suivi un certain nombre de règles, codes ou pratiques préalablement établis. Hors, depuis le début des années 90, on assiste à une multiplication de nouvelles normes, toutes avec le même but de fournir des produits alimentaires de qualité mais toutes avec leur propre règlement et leur propre méthode.

C'est dans ce contexte que le projet " Euro Retailer - Produce Working Group " (Eurep) et son programme GAP (Good Agricultural Practices) sont nés. L'idée était de proposer une norme unique (EurepGAP), spécialement mis au point par et pour l'industrie des produits frais, en lieu et place de tous les autres schémas existants.

A l'origine, Eurep était un projet destiné aux distributeurs. Toutefois, les fournisseurs, initialement membres associés, sont rapidement devenus des membres permanents du projet contribuant à la définition des objectifs de développement de la norme EurepGAP. L'intention du projet Eurep était de simplifier les contraintes que représentaient le suivi de normes pour les distributeurs et les fournisseurs, non seulement en termes de formulaires et de protocoles à suivre mais aussi en termes de compréhension des schémas de certification.

D'après ses initiateurs, EurepGAP n'est pas une norme de plus mais plutôt une modèle, une référence pour les nombreuses autres normes qui, à terme touchera une grande partie des professionnels des produits frais.

Aujourd'hui, plus de 100 distributeurs et fournisseurs, en majorité du Royaume Uni, travaillent suivant les règles définies par EurepGAP. Les dirigeants du projet Eurep comptent bien élargir leur champ d'intervention à la grande majorité des acteurs de l'industrie européenne des produits frais notamment en renforçant la politique d'information auprès de leurs membres et en améliorant le schéma de certification. Leur but ultime étant que la norme EurepGAP devienne, d'ici fin 2003, une référence de qualité et une garantie sur les marchés alimentaires.

Même si les concepteurs d'EurepGAP ont l'ambition de faire appliquer cette norme à la grande et à la petite distribution en Europe, nous n'en sommes pas encore là. Les distributeurs ont résolument l'intention de faire valoir leurs avis et leurs exigences sur la question de l'harmonisation des normes. De plus, l'adhésion de la France et celle de l'Allemagne semblent pour le moment encore très timides.

La tendance qui se dessine est pourtant claire. Dans un avenir relativement proche, une norme " universelle " sera imposée par la grande distribution aux fournisseurs. Tous les fournisseurs de produits alimentaires du monde entier devront se conformer à cette norme au risque de ne plus avoir accès à ce segment de marché essentiel que représente la grande distribution. Quelle que soit cette norme, des outils de traçabilité devront rapidement être mise en place pour vérifier sa bonne application. C'est aussi à ce niveau que se situent les défis à relever pour les exportateurs de fruits et légumes sénégalais.

Cette chronique a été rédigée sur la base des informations tirées de deux articles parus dans " Freshproduce Journal " des 5 et 19 octobre 2000.

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