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" CÔTE NORD " OU LES PREMISSES D'UNE DELOCALISATION

Il devient de plus en plus évident que le développement quantitatif des exportations agricoles sera limité par la disponibilité des terres et de l'eau dans l'actuel et principale zone de production des Niayes. Une délocalisation de la production vers les régions nord du Sénégal (lac de Guiers et fleuve) est une des alternatives envisagées. Dans le cadre de son programme de diversification des cultures, le PPEA a lancé des initiatives destinées à promouvoir et développer les activités horticoles dans la zone.

Pendant longtemps la zone des Niayes a été la principale zone de production maraîchère qu'elle assure encore aujourd'hui à hauteur de 80%. Aujourd'hui, cette zone est confrontée à la pression foncière et hydrique exercée par les populations urbaines et la surexploitation des ressources naturelles. Depuis près de dix années, les professionnels de l'oignon ont progressivement délocalisé leurs cultures dans la vallée du fleuve Sénégal. Cette région assure aujourd'hui environ 35% de la production nationale. La situation est loin d'être équivalente pour les autres cultures maraîchères et en particulier pour les filières d'exportation. De façon générale, malgré un réel engouement des producteurs, le maraîchage reste marqué par des systèmes de culture extensifs et traditionnels.

Face à cette situation et compte tenu des potentialités des régions nord du Sénégal, le PPEA en collaboration avec la SAED, a décidé d'apporter son appui à des producteurs installés dans la zone notamment via des tests de productions et d'introduction variétale pour la filière oignon mais aussi pour les compléments de gamme (gombo, piment, patate douce) et plus modestement pour le melon.

Le programme du PPEA, démarré en janvier 2002, concerne aujourd'hui 5 producteurs (individuels ou associatifs) répartis entre la vallée du Fleuve et le Walo (lac de Guiers). Il vise à mettre en place des essais expérimentaux sur une superficie totale de 17 hectares et à sensibiliser puis former les producteurs au suivi d'itinéraires techniques adaptés et intensifs pour les compléments de gamme. Concernant la filière oignon, confrontée à un manque d'étalement de la production, à une absence de diversification et à la maladie des " racines roses ", conséquence directe de la monoculture extensive pratiquée, des producteurs pilotes de l'Association des Producteurs d'Oignon de la Vallée (APOV) sont encouragés à élater et intensifier leur production (cultures précoces et de contre-saison) et diversifier en introduisant l'ail, fortement consommé au Sénégal, dans leurs systèmes de culture.

Au délà des résultats attendus de développement des cultures d'exportation dans la zone Nord, il convient de noter que les cultures de l'oignon et de l'ail pourraient aussi contribuer à la substitution aux importations importantes pour ces deux produits. Les retombées socio-économiques en terme de revenu intérieur paysan et d'économie de devises qui pourraient en découler ne doivent pas être négligées.

Pour terminer, la délocalisation vers les régions septentrionnales est déjà initiée par quelques opérateurs de façon individuel ou, comme on vient de le voir, avec l'appui du PPEA. Néanmoins, il est clair que cette délocalisation pose différents type de défis d'ordre logistique, foncier (disponibilité des terres), humain (disponibilité et coût élevé de la main d'œuvre) et aussi technique (apprentissage du travail dans des conditions climatiques et pédologiques différentes de celles de la zone des Niayes).

Concernant la problématique foncière, la PPEA devrait dans les prochains mois, engager une étude relative à l'inventaire des terres aménagées et surtout aux conditions d'utilisation et d'occupation de ces terres à des fins de production par des investisseurs privés interéssés à développer des affaires agro-industrielles dans la zone. Compte tenu du pouvoir important des communautés rurales, un accent particulier sera mis sur les marges de manœuvre et de liberté des investisseurs potentiels. La finalité de cette étude sera de disposer d'un cahier des charges validé par l'Etat pour le montage d'un dossier d'investissements pour la production agricole (100 à 200 ha) dans la zone Fleuve.

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