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Qualité, bientôt des actions concrètes pour les petits producteurs |
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Force est de constater que la tentation est grande aujourd’hui de limiter le recours aux petits producteurs. La dispersion et les superficies limitées de leurs parcelles obligent à un suivi souvent complexe et au coût non négligeable. De plus, en raison de la réglementation européenne en vigueur, l’absence de traçabilité au niveau de la production paysanne fait encourir des risques importants aux exportateurs qui sous-traitent avec ces petits producteurs. Avant même son démarrage, le PDMAS vient de se doter d’un plan de mise à niveau des capacités sénégalaises en matière d’assurance qualité et de sûreté alimentaire qui leur est tout particulièrement destiné.
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On ne le répètera jamais assez, les exigences du client final pour la qualité et la sécurité sanitaire des produits qu’ils consomment, la protection de l’environnement et les préoccupations liées à l’équité sociale s’accroissent toujours plus. Pour les satisfaire, les organismes internationaux spécialisés (FAO, OMS, OMC, etc.) et les autorités compétentes s’impliquent dans l’amélioration des pratiques (agricoles, pesticides, hygiène, laboratoires et autres) à la base de la réglementation européenne. Ceci explique au cours des dernières années le développement important de nombreux standards génériques (normes internationales, standards privés / référentiels) et d’initiatives internationales, régionales et sectorielles dans le domaine de l’assurance qualité. Le Sénégal n’y a bien évidemment pas échappé. Depuis plus de cinq ans, de nombreux programmes d’appui s’y sont intéressés (PPEA, GIPD, TCP/FAO, PIP, PAEP, programme espagnol d’investissement en matériels de laboratoire, CBI, ONUDI/UEMOA / programme promotion de la qualité de l’UE). Ces programmes d’appui impliquent de nombreux intervenants du secteur public (Directions, Comités Nationaux, etc.), les exploitants et opérateurs privés au niveau de la production et des entreprises export y compris les organisations professionnelles.
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A ce jour, un véritable travail de fond en termes de sensibilisation et de formation théorique a été réalisé au Sénégal. Des outils didactiques, des supports pratiques d’implantation des normes EurepGAP et des documents de référence (référentiel origine Sénégal, cahier de l’exploitant, documentation de traçabilité, affichage) y ont même été développés. Reste que les besoins en termes d’appuis sont toujours importants notamment pour mettre en œuvre les pratiques que les outils didactiques recommandent et pour garantir la disponibilité et la fiabilité de l’information qu’ils renferment compte tenu de l’évolution rapide de la réglementation européenne et des listes de pesticides autorisés et de Limites Maximales de Résidus (LMR). L’accompagnement nécessaire à l’utilisation des outils doit aussi et surtout être adapté aux cibles auxquels il s’adresse. Dans le domaine, force est de constater que, malgré les appuis reçus, les petits producteurs sénégalais ne parviennent toujours pas à rencontrer les exigences de conformité. Le risque est grand de les voir disparaître comme cela pourrait d’ailleurs être le cas pour des centaines de milliers d’autres à travers le monde. Aujourd’hui de véritables programmes de formation et d’accompagnement sont nécessaires pour conformer les petits paysans au référentiel EurepGAP de plus en plus exigé sur le marché européen.
C’est dans ce contexte que dans le cadre des activités préparatoires du PDMAS, une étude portant sur la mise à niveau des capacités sénégalaises en matière d’assurance qualité et de sûreté alimentaire a été réalisée. Cette étude conduite par GEOMAR international a abouti au développement d’un Référentiel Sénégal - Paysan appelé SeneGAP et élaboré à partir d’EurepGAP, de BRC et de l’identification des risques pour la sécurité alimentaire. Pour faciliter l’introduction de ce référentiel en milieu paysan, un plan de formation a été développé pour couvrir l’ensemble des thèmes et exigences de SeneGAP. Ce plan est axé sur des aspects pratiques et est constitué de huit modules destinés à familiariser les petits producteurs au référentiel et ultimement à les certifier. Pour ce faire, il est prévu une certification par palier avec différents niveaux de certification (paysan 0,1 à 1 ha ; périmètres de 3 à 10 ha, pôles villageois, stations de conditionnement, exportateur) et une distribution des responsabilités entre acteurs au niveau de chaque module.
Pour faciliter l’appropriation de SeneGAP par les petits producteurs, l’étude propose une stratégie où vulgarisation, formation et accompagnement constituent les points focaux : (i) vulgarisation à travers la diffusion de messages par des radios locales, des séances collectives de sensibilisation, l’affichage et la diffusion d’outils illustrés avec des commentaires en langues locales ; (ii) formation sur la protection des plantes, l’hygiène et sécurité, les sites et installations, la documentation et traçabilité, les fertilisants et additifs, la santé et protection sociale des ouvriers ; (iii) l’accompagnement pour permettre aux groupements de petits producteurs de bénéficier d’un accompagnement personnalisé (DPV, ANCAR, ONG, Entreprises). Cette stratégie devrait se baser en particulier sur les techniciens des organismes institutionnels, les producteurs facilitateurs, la formation de techniciens formateurs, les organisations de paysans et devrait encourager le regroupement des petites parcelles et avoir un effet de démonstration. Pour réussir, elle devra toutefois être soutenue par un certain nombre d’activités en amont. Parmi celles-ci figurent notamment la centralisation et l’organisation de l’information, la professionnalisation des organisations paysannes, la création d’un noyau d’auditeurs EurepGAP nationaux, de développement de stations de conditionnement à l’instar du FELTIPLEX et d’entreprises privées spécialisées dans l’offre de services de base et enfin l’agréage européen des services nationaux de protection (contrôle) des végétaux.
Il est finalement aujourd’hui raisonnable de penser que la mise en place de SeneGAP sera pour le PDMAS, conjointement avec d’autres initiatives, l’occasion de proposer des mesures concrètes pour le maintien des petits producteurs dans la grappe horticole d’exportation.
Pour en savoir plus : consultez le site www.pdmas.org et le rapport « Diagnostic et programme de mise à niveau des capacités sénégalaises en matière d’assurance qualité et de sûreté alimentaire », 2005. GEOMAR International, 66 pages + annexes
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