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Campagne export de contre-saison 04/05, un bon cru |
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Le mois de mai 2005 a marqué la fin de la campagne 2004-2005 d’exportations de fruits et légumes de contre-saison. Réalisations en termes de produits et de volumes, analyses, appréciations et préoccupations de la filière, c’est le moment de faire le bilan. Parmi les nombreux chiffres disponibles, 13 (mille) est le premier d’entre eux. Sans superstition aucune, nous avons décrypté pour vous ce qui ce cache derrière ce symbole.
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On l’attendait depuis plusieurs campagnes, on en sentait les prémisses, c’est maintenant fait. L’Origine Sénégal / fruits et légumes ne se limite plus à ses deux produits phare de contre-saison européenne, le haricot vert et la tomate de spécialité (cerise et grappe). Cette année a vu l’arrivée de deux nouveaux produits (poivron et maïs doux) et la confirmation de la réémergence du melon. L’élargissement de la gamme de produits est bien devenu une réalité. Une autre réalité, c’est la confirmation de la croissance soutenue du secteur. Tous produits de contre-saison confondus, le Sénégal a exporté près de 13 000 tonnes avec une progression record de 28% comparée à la précédente campagne et aux taux de croissance moyens enregistrés au cours des 6 dernières années (10% par an). Sur le plan de sa configuration, les expéditions se sont étalées de novembre à mai avec un pic d’activités de janvier à mars représentant 75% des exportations de contre-saison. En terme de répartition des volumes par organisation professionnelle, c’est l’ONAPES qui arrive en tête avec 64% contre 14% pour la SEPAS et 22% pour les opérateurs non affiliés dont plus de 90% par GDS à qui, il faut le reconnaître, on peut imputer la progression enregistrée cette année. Au total, 82% des exportations ont été réalisées par 4 opérateurs confirmant le changement de physionomie de la profession et de l’Origine toute entière vers un type agro-industriel.
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| Répartition des volumes d’exportation (en tonnes) de produits de contre-saison au cours de la campagne 2004-2005 |
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Après plusieurs années de stagnation voire de baisse, le haricot vert Origine Sénégal (7200 tonnes / +28%) s’est imposé cette année sur le marché européen. Une demande forte et des problèmes climatiques rencontrés chez les concurrents ont permis aux opérateurs d’être en position dominante sur pratiquement 3 mois et de bénéficier de cours élevés (jusqu’à 3,6 euros/kg pour le filet et 3 euros/kg pour le bobby) au moment où ils étaient au plus fort de leurs activités avec un impact positif sur leurs comptes de vente. Contrairement au haricot vert qui a été travaillé par la quasi-totalité des opérateurs quelle que soit leur typologie, cette année encore le créneau de la tomate de spécialité est restée l’apanage des sociétés agro-industrielles. Avec près de 4700 tonnes exportées, la progression de 22% enregistrée est le résultat de l’arrivée remarquée d’un nouveau intervenant (GDS) et d’une pénétration dans la grande distribution soutenue par une demande forte et des cours favorables. L’attaque de mouches blanches constatée dans la zone des Niayes en décembre 2004 pose tout de même la question du développement de ce produit de plus en plus conditionné par le passage à une culture sous abris et à la délocalisation des zones de production. La complexité de la culture du melon pose quant à elle un autre défi. Malgré la réémergence de ce produit, grâce notamment à la ténacité de l’opérateur Soleil Vert qui a réalisé 450 tonnes et permis de doubler les volumes par rapport à 2003/2004, la poursuite de son développement nécessitera encore des efforts pour affiner le paramétrage technique à l’export et retrouver le niveau des années 70 (2000 tonnes). Toutefois, le marché domestique très demandeur et rémunérateur a confirmé ses capacités d’absorption avec 1000 tonnes écoulées par ce seul opérateur. Quant aux deux nouveaux produits (poivron / 200 tonnes et maïs doux / 280 tonnes) qui ont permis d’amorcer le processus de diversification de la gamme export en faisant leur apparition cette année, le niveau de prix relativement bas à l’export obligera les opérateurs qui, comme GDS, s’y sont lancés à réaliser des investissements sous abris et à maîtriser la chaîne de froid liée à la logistique bateau, conditions clés pour leur croissance.
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| Volumes d’exportation (en tonnes) des cinq produits de contre-saison (campagne 2004-2005) |
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La campagne 2004/005, c’est aussi la confirmation de la progression des expéditions bateau (10 000 tonnes soit 78%). Cette progression est en grande partie imputable aux expéditions de GDS, en quasi-totalité maritimes, mais aussi à une concurrence sévère sur les marchés européens poussant, dans un souci de compétitivité, la majorité des exportateurs à opter pour le bateau. La logistique aérienne a été marquée quant à elle par une stabilisation des flux aériens avec de bonnes capacités offertes par les compagnies régulières ne nécessitant pas cette année d’opérations spot cargo.
On ne saurait terminer ce bilan de campagne sans revenir sur l’appréciation de la qualité du haricot vert. Jugée bonne au démarrage, hétérogène à partir de mi-mars, celle-ci s’est détériorée en début avril, ternissant l’image de l’Origine et précipitant brusquement la fin de campagne haricot vert du Sénégal. En effet, les importateurs ont préféré à partir de ce moment se tourner vers d’autres origines qui faisaient leur réapparition avec des volumes conséquents au détriment de plusieurs opérateurs sénégalais encore capables de fournir des produits de qualité. Cette situation pose une nouvelle fois le problème la nécessité de mettre en place un dispositif de contrôle de la qualité des expéditions dans un contexte où la réglementation s’est une nouvelle fois resserrée avec notamment l’application d’un nouvelle directive sur le traitement des palettes, l’exigence de conformité EurepGAP de plus en plus marquée et la mise en vigueur prochaine de la directive n°1148/2001 sur les contrôles de conformité avec les normes de commercialisation applicables dans le secteur des fruits et légumes frais. Il est indéniable que, malgré les efforts réalisés, les initiatives en cours et une prise de conscience accrue, des appuis sont toujours nécessaires notamment à l’adresse des petits producteurs.
En guise de conclusion, le bilan de campagne est globalement bon. Il ne faut toutefois pas oublier que l’opérationnalisation des infrastructures d’exportation et post-récolte (Gare de Fret et FELTIPLEX) réalisées par le PPEA et la mise en place du dispositif d’innovation que sera la FOS/FL restent des conditions majeures à la poursuite de la progression des exportations dans laquelle tous les opérateurs autres que les sociétés agro-industrielles auraient à contribuer y compris les petites et moyennes entreprises et les petits producteurs.
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