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C’est fait. Après de longues périodes de concertation sur le schéma de configuration et de coordination pour le suivi du chantier, la Gare de Fret pour Produits Périssables de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor (GDF) a été physiquement livrée en novembre 2004. Le Sénégal dispose désormais d’un outil performant permettant le maintien de la qualité des produits frais périssables d’exportation et l’optimisation des opérations de réception, de stockage, de palettisation et d’embarquement. Considérée à juste titre comme une réalisation majeure du PPEA, le projet aura réussi à bâtir une infrastructure moderne de manutention de fret périssable avec une maîtrise des conditions de température qui tienne compte des besoins des exploitants de toutes tailles. Reste que l’opérationnalisation de cet outil de pointe demeure à ce jour une préoccupation première pour les autorités, la Banque Mondiale et les bénéficiaires.
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Le choix d’un mécanisme de gestion privée de la gare de fret (mise en concession) à un opérateur spécialisé a été justifiée dans une étude de faisabilité (valorisation de la plateforme de Dakar, efficience de la prestation, transfert des risques associés à la prestation, possibilité d’apporter de la valeur ajoutée à la prestation, etc.).
La phase de transfert de la GDF a coïncidé avec l’adoption au Sénégal d’une loi sur les mises en gestion privée d’infrastructures publiques (CET, Construction-Exploitation-Transfert). Ainsi, la mise en concession de l’outil doit attendre le démarrage des activités du principal organe statutaire créé dans ce cadre, le Conseil des Infrastructures. Les procédures liées à la mise en concession sont en cours mais sont longues. En attendant leur finalisation et pour éviter de laisser l’infrastructure non opérationnelle, l’idée d’une solution provisoire est apparue.
Au Sénégal, en l’absence d’expérience de mise en opération d’une gare de fret, beaucoup de paramètres demeurent inconnus. C’est ainsi qu’une période d’opérationnalisation que l’on considérerait comme test constituerait un avantage certain et pourrait s’avérer fort utile notamment pour éviter des erreurs coûteuses. L’objectif serait de roder l’infrastructure, discerner les points faibles éventuels, lever tous les imprévus, tester le marché et les réactions des autres opérateurs impliqués dans la chaîne de distribution et enfin faire jouer au besoin la garantie de construction d’un an. L’intérêt de cette phase de rodage apparaît donc à plus d’un titre bien réel mais quels en seraient les contours ?
Concrètement, il s’agirait de mandater un opérateur habilité pour une phase test à travers un contrat de gestion provisoire suivant des modalités clairement définies. En effet, des risques existent. Il y a d’abord un risque financier car l’opérationnalisation de l’outil engendrera des coûts fixes alors que la base de revenus demeure inconnue pour le moment. Au démarrage, les revenus générés par la gare de fret seront forcement limités car celle-ci ne pourra pas, en l’absence de financements complémentaires, offrir une gamme diversifiée de services (en dehors de ceux proposés aux exportateurs) et donc assurer une base assez large de facturation à différents clients. D’un autre côté, il existe aussi le risque de détérioration des équipements si l’opérateur n’a pas les moyens de faire appel à des ressources spécialisées pour la maintenance et l’assurance de l’ouvrage.
Compte tenu de ces considérations, la formule visant à établir un contrat à durée déterminée avec un cahier de charges à respecter par un prestataire sélectionné pourrait être envisagée. Ce contrat devrait être accompagné d’un budget mis à la disposition de l’opérateur. La subvention budgétaire devrait représenter une bonne partie des coûts fixes ce qui reviendrait à un partage du risque avec l’opérateur. De plus, ce dernier devrait pouvoir négocier les tarifs de ses services avec la profession (les exportateurs). Il devrait également avoir la possibilité de postuler à l’appel d’offre international qui sera lancé dans le cadre du processus de mise en concession (loi CET). Il apparaît de manière raisonnable que c’est seulement dans ces conditions qu’un opérateur pourrait être intéressé et motivé à faire fonctionner la gare de fret pendant une phase test.
Finalement, l’opération test de rodage de l’outil constitue une bonne idée en soi. Toutefois, pour réussir, elle doit être bien montée avec des clauses claires au contrat, un bon cahier des charges et une procédure de sélection technique transparente évitant ainsi toute possibilité d’appropriation de la gare de fret par l’opérateur provisoirement installé. Ceci nécessitera de faire appel à des ressources compétentes qui seront recrutées pour préparer et gérer correctement ce dossier.
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