Satisfaisante, c’est le qualitatif utilisé par la Banque Mondiale pour apprécier la performance du PPEA. Les membres de la mission de supervision et d’achèvement ont en effet considérés après examen et analyse des résultats du projet et malgré des retards constatés dans certains dossiers (Fondation Origine Sénégal / Fruits et Légumes, infrastructures post-récolte et d’expédition / FELTIPLEX et Gare de Fret) que le projet avait atteint son objectif de développement grâce notamment à une bonne mise en œuvre. L’objectif de porter les exportations horticoles du Sénégal de moins de 6000 tonnes en 1998 au démarrage du projet à 10 000 tonnes au terme de l’exécution a même été dépassé avec près de 12 000 tonnes exportés en 2003 et environ 14 000 tonnes en 2004 avec la progression enregistrée des produits de contre-saison et la forte croissance de la filière mangue.
Il s’agit désormais de tirer les leçons du PPEA et de préparer l’avenir. En réalisant des actions concrètes, le PPEA, avec l’appui de son partenaire d’exécution technique GEOMAR International, a cherché à effectuer un meilleur paramétrage des difficultés des opérateurs en ce qui concerne la disponibilité d’outils de production, la mise en conformité qualité des entreprises, la maîtrise d’itinéraires techniques pour de nouveaux produits, l’accès aux infrastructures post-récoltes adaptées et la logistique d’exportation. Sans prétendre avoir pu résoudre toutes les difficultés auxquelles font face les opérateurs, le succès du PPEA aura été de donner des exemples concrets et de tracer quelques voies pour la réalisation du véritable potentiel du Sénégal dans les domaines de l’exportation agricole (gestion de l’innovation, développement de partenariats et coaching, formation qualité, réalisation d’infrastructures de bases, mise en place d’outils de communication et de promotion / IFLEX, pérennisation et
transfert des compétences).
Finalement, le PPEA aura rempli sa mission initiale qui était de permettre aux autorités, aux partenaires au développment et aux privés de mieux cerner le potentiel de développement de la filière horticole tout en dégageant les axes d’intervention qui permettront de faire émerger une industrie solide, porteuse de croissance, d’investissement, d’emplois et de revenus. Dans le travail d’intégration des acquis du PPEA à la dynamique générale de développement du pays, il est toutefois important de garder à l’esprit la principale force de l’intervention PPEA, à savoir son l’approche filière aura permis de cibler des interventions à fort impact. Une telle efficacité serait fortement diluée en dispersant les interventions à travers une série de programmes à vocation transversale sans prévoir de mécanisme intégrateur. C’est pourquoi, les autorités sénégalaises et la Banque Mondiale sont résolument décidées de prendre en compte ce principe d’une focalisation sectorielle et d’intégration des appuis dans la préparation du Projet de Développement des Marchés Agricoles du Sénégal (PDMAS) qui va prendre la relève du PPEA. L’incorporation dans les activités préparatoires du PDMAS des dossiers que le PPEA n’a pas réussi à boucler avant sa clôture (création de la Fondation Origine Sénégal, finition des infrastructures incluant les tests techniques et la mise en place de leur cadre de gestion) va dans ce sens. Elle permettra d’assurer une continuité entre les deux projets.
Devant la rareté grandissante des ressources, l’utilisation efficace des fonds publics est plus que jamais un impératif. Au terme du PPEA et compte tenu de ses performances reconnues, il était essentiel de vérifier la rentabilité de cet investissement consenti par l’Etat. L’analyse économique et financière du PPEA réalisée dans ce cadre a reposé sur la détermination des effets induits par le projet en termes de revenus tirés de l’exportation (évolution des volumes et des valeurs FOB à l’horizon 2015) et de l’accroissement de l’offre locale mais également en termes de coûts réels (investissements publics, investissements privés et coûts additionnels de production induits par le projet). Sur le plan de la production, l’analyse a montré que les volumes d’exportation atteindront environ 50 000 tonnes à moyen terme alors que sans le projet ce volume serait à moins de 22 000 tonnes (hypothèse optimiste compte tenu des exigences de plus en plus grandes des marchés d’exportation). Sur le plan de la rentabilité financière, l’analyse a montré un rapport bénéfice/coût largement supérieur à un avec des taux de valeur actualisée nette six fois plus élevé que le coût d’opportunité de capital estimé à 12% (taux d’intérêt pour les prêts). Quant à l’analyse économique, celle-ci met en évidence la rentabilité sociale du projet PPEA avec des taux aussi très supérieurs à 12%. Ces résultats prouvent la solidité du projet et confirment la justesse et l’efficacité économique et financière des investissements réalisés et sa rentabilité pour l’économie nationale.
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