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Echos des marchés, c’est reparti pour le haricot vert

Dans le cadre de ses activités préparatoires, le PDMAS vient de relancer l’activité de veille commerciale très appréciée pendant l’exécution du PPEA. Le suivi porte sur quatre marchés européens et a démarré dès la première semaine de janvier. Rarement un début de campagne n’aura été aussi favorable à l’Origine Sénégal. Quasi absence de pression concurrentielle et cours élevés, nos opérateurs ont pu profiter de ces conditions avantageuses. Certains en ont même abusé. Attention à notre image quand même !


Après un début décembre qui démarrait plutôt bien, on a assisté dans la dernière quinzaine de l’année 2004 à un engorgement du marché approvisionné dans un contexte marqué par une demande faible et des transactions difficiles. A l’exception du marché italien assez actif, le marché européen est resté lourd la première semaine de janvier. On a assisté à des ventes de lots de resserre à des prix de dégagement pesant sur les produits d’arrivage excepté pour le haricot filet très fin du Kenya. L’effet conjugué de l’assainissement du marché, de la reprise de la demande et de l’absence remarquée des grandes origines concurrentes du Sénégal (Maroc, Kenya, Burkina Faso) a ensuite très vite joué en faveur des opérateurs nationaux présents.

Une fois n’est pas coutume, c’est le sous approvisionnement en haricot vert qui a rendu le marché difficile aux acheteurs manquant presque tous de produits. Pour des raisons d’ordres climatique et logistique, le Maroc, le Kenya et le Burkina Faso n’ont pas été en mesure de fournir le marché alors que la demande était forte. On ne pouvait pas rêver meilleure conjoncture pour l’offre diversifiée (filet fin et très fin, bobby) du Sénégal qui, une fois la fête de l’Aïd El Kébir passée, s’est retrouvé face à une opportunité commerciale sans précédent. Jusqu’à la fin de la première semaine de février, notre pays était en effet, le principal (avec l’Egypte, pour le bobby en Hollande) voire le seul (filet fin et très fin) fournisseur présent capable de proposer des volumes importants aux marchés européens. Il faudra attendre mi février pour voir réapparaître des origines concurrentes.

Evolution des cours au stade grossiste import du haricot vert de catégories et origines différentes sur le marché de Rungis en France (cotation moyenne en euro par kg)



La conséquence directe de cette situation est le raffermissement des cours qui, pour les produits du Sénégal, ont atteint au moment le plus critique et lorsque la qualité était irréprochable des niveaux supérieurs à 2,5 euros le kilogramme de bobby, à 3 euros pour le filet fin et jusqu’à 4 euros pour le très fin. A partir du mois de février et en dehors des circuits de la grande distribution, le niveau élevé des cours a rendu le marché difficile marqué par une baisse des achats liée à la difficulté de répercuter le niveau de prix au stade détaillant. C’est ainsi qu’un léger tassement des cours a été observé à partir de la semaine cinq sur l’ensemble des pays de destination suivis.



Sur le plan de la qualité, les produits du Sénégal d’abord caractérisés par une certaine hétérogénéité étaient jugés satisfaisants. Toutefois, dans leur empressement à profiter d’une situation avantageuse pour eux, certains opérateurs n’ont pas hésité à étiqueter pour du filet très fin, des produits de calibre fin et même du bobby. Ce comportement n’est pourtant pas un bon calcul. Non seulement il nuit à l’Origine Sénégal dans son ensemble mais il empêche à ceux qui l’adoptent de profiter des conditions favorables du marché dans la mesure où le meilleur prix payé dépend plus du calibre réel et de la présentation que de l’étiquetage. En mi-février on relevait aussi le retour d’une qualité hétérogène avec des lots de produits desséchés observés en particulier sur le marché français. Il appartient aux opérateurs concernés de réagir rapidement car, avec la réapparition des origines concurrentes, les acheteurs ont à nouveau d’autres alternatives d’approvisionnement et la tendance à la baisse des cours pourrait être plus accentuée pour des produits de moindre qualité.

Finalement, à mi-parcours du suivi, le conseil que l’on pourrait donner aux opérateurs, c’est de rester vigilant et surtout, sous prétexte d’avoir pu bénéficier de cinq semaines de conditions privilégiées, de ne pas relâcher leurs efforts. Non seulement cela leur ferait perdre le bénéfice de cette période favorable tant en terme financier qu’en terme d’image dans la mesure où les acheteurs se souviendront qu’ils ont pu compter sur l’Origine Sénégal dans un contexte difficile pour eux.

Le suivi est assuré par Monsieur Thierry PAQUI, consultant en horticulture

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